2014


Mardi 02 décembre 2014 à 18h30 au CMAV

 

CRÉATIONS D'HIER,

PATRIMOINE DE DEMAIN :

 

Comment l'architecture continue

la ville ?

 

Avec la participation de :

 

 

Annette LAIGNEAU

 

Adjointe au Maire à l'urbanisme, Vice-Présidente Urbanisme et Projets urbains de Toulouse Métropole

 

Jacques ROSEN

 

Déléguée à l'aménagement, Toulouse Métropole

 

Benoît MELON

 

Architecte urbaniste en chef de l'Etat, conseiller à la DRAC

 

Stéphane VAN ANDRINGA

 

Architecte CAUE31

 

Rémi PAPILLAUT

 

Architecte, urbaniste

 

Bernard VOINCHET

 

Architecte en chef des monuments historiques, membre du CROAMP

 

Jacques MUNVEZ

 

Architecte

 

Guillaume DRIJARD

 

Président du comité de quartier Saint-Michel

 

 

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Qui ne se trouve consterné lorsqu'allant par les rues du centre ancien de sa cité vers les périphéries lointaines de l'aire urbaine, il traverse les extensions successives de l'urbanisation du siècle dernier ?

 

Au-delà du noyau ancien antérieur au XVIIIe siècle, où l'on conçoit qu'il est aujourd'hui comme un privilège d'habiter, les faubourgs du XIXe siècle semblent, d'une façon plus rectiligne, continuer la ville sans en changer fondamentalement la nature.

 

Des immeubles puis des maisons unifamiliales ont été construits au long des voies, le plus souvent en mitoyenneté, avec cours ou jardins à l'arrière. Certes quelques signes de la révolution industrielle se manifestent dans l'architecture et les nouveaux tracés viaires de lotissement urbains, mais la morphologie architecturale et urbaine ne s'en trouve pas trop bouleversée.

 

C'est au XXe siècle, et surtout à l'après-guerre, que se produit une évidente rupture morphogénétique, aux limites de la ville du XIXe.

 

L'irruption des nouveaux paradigmes de l'urbanisme moderne, alliés à la rationalité du chemin de grue, à l'industrialisation lourde et aux grandes planifications d'après-guerre, et plus encore au développement de la civilisation automobile, a ouvert brutalement la ville, changé son échelle et rompu les continuités anciennes.

 

C'est une complète rupture morphogénétique et métabolique qui se fait sentir, qui, si elle est contenue aux abords de la vieille ville, se déploie à perte de vue dans les périphéries en proie à une urbanisation galopante, et ce quelles que soient les procédures d'aménagement et de conceptions à l'oeuvre.

 

L'architecture s'est définitivement affranchie de ce métabolisme fondamentale qui a perduré vaille que vaille jusqu'à la seconde guerre mondiale.

 

Les préoccupations stylistiques des architectes et morphologiques des urbanistes de la fin du XXe siècle ne sont pas parvenues à renouer avec cette continuité perdue et aujourd'hui si souvent regrettée, qui est tout à la fois morphogénétique, stylistique, c'est-à-dire indistinctement architecturale et urbaine.

 


Mardi 14 octobre 2014 à 18h30 au CMAV

 

ESPACE PUBLIC ET URBANITÉ :

 

Quel espace public pour "faire ville" ?

 

Avec la participation de :

 

Bernard PLANO

 

Président de la Commission Industrie, grands groupes et services aux entreprises, Conseil Régional

 

Emmanuel DE SEVERAC

 

Directeur général délégué de l’Oppidea,

 

Jean LARNAUDIE

 

Président de la Maison de l’Architecture

 

Jérôme IONESCO

 

Responsable Projets & formes urbaines, AUAT

 

Alain MARGUERIT,

 

Paysagiste, urbaniste

 

Pierre ROCA D’HUYTEZA

 

Architecte urbaniste, APUMP

 

Matthieu DUPERREX

 

Co-directeur artistique du collectif “Urbain, trop urbain, Toulouse

 

 

 

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Au-delà des discours abstraits sur l’espace public, et sans renvoyer la question à une crise politique et sociale globale sur laquelle nous n'avons pas de prise, la question de la qualité de l’espace public se pose aujourd’hui aux citoyens et à leurs édiles, comme à l'aménageur et à l'urbaniste qui en déterminent les usages et la forme, et aux architectes qui en définissent le visage. L' « espace public » qui autrefois n'existait pas même comme mot, est aujourd'hui au centre de nos interrogations sur notre manière de « faire ville », soit une « communauté urbaine » véritable.

Après les errements de l’urbanisme fonctionnaliste qui a perdu de vue la vocation communautaire de l’espace public urbain, et après un retour quelque peu nostalgique vers la ville traditionnelle pour y chercher le secret du vivre ensemble, il nous faut aujourd’hui retrouver le sens fondamental de l’espace qui nous est commun. S’il n'est plus réductible au marché, ni à la place royale, ni à l'espace de circulation et de travail de Le Corbusier, il n’est, à l'heure des échanges économiques mondiaux et de la communication généralisée via les technologies analogiques et numériques, pas plus réductible au lieu des échanges et de la communication, à cette agora commerciale et politique qui fut, dit-on, aux fondements de la cité démocratique.

L’espace public n’est-il pas finalement l'espace d’un échange plus immédiat et essentiel, celui de la fusion des âmes et de l’être ensemble, par le sens et l’esprit impalpable de cette communauté humaine qui fonde l’identité et la créativité d’une cité ? Comment concevoir, dès lors, au-delà de toutes les fonctions urbaines dont il est la matrice, cet espace du bien-être ensemble.


Mardi 8 juillet à 18h30

 

QUEL AVENIR POUR LES ZAC ?

 

Avec la participation de :

Annette LAIGNEAU,

Adjointe au maire à  l’ urbanisme, Vice-Présidente Urbanisme et Projets urbains de Toulouse Métropole,

Emmanuel DE SEVERAC,

Directeur général délégué de l’Oppidea,

Jean-Yves PUYO,

Vice-président de l’APUMP, architecte-urbaniste,

Jean LARNAUDIE,

Président de la Maison de l’Architecture, architecte,

Jean-Paul COLTAT,

Directeur général de la SA HLM des Chalets,

François RIEUSSEC,

Président de l’ARP Foncier,

Jean-Pierre SERAN,

Président du Comité de Quartier de Borderouge,

Vincent CHABOY,

Président de l’association Vivr’A Vidailhan, à Balma,

 

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Les Zones d’Aménagement Concerté sont des procédures qui permettent l’aménagement et la construction d’aires foncières de plusieurs hectares, qui doivent rassembler toutes les fonctions urbaines. Mais peut-on vraiment produire ainsi par une planification de l’espace et du temps l’échange et la vie urbaine sans laquelle il n’ait pas de vraie ville, pas de véritable communauté urbaine ? 

 

Dans les années 60, les Zones à Urbaniser par Priorité furent conçues dans le but de concentrer le développement urbain sur des fonciers libres en périphérie des villes, avec, de même, l’ensemble des équipements et services d’une vraie ville. Or les ZUP ont eu le triste destin que l’on sait.

 

Si les premières Zones d’Aménagement Concerté ont tenu dès les années 70 à se démarquer du spectre des ZUP — Guy Hersant, père de la ZAC des Pradettes, disait vouloir y faire l’anti-Mirail —, les ZAC d’aujourd’hui, densité oblige, malgré une proportion bien moindre de logement social, prennent peu à peu des airs de quartiers au destin incertain. Au point que, pour certains, le terme ZAC se met à résonner comme celui de ZUP, les plus aisés leur préférant les centres villes ou certains quartiers résidentiels où la ségrégation par l’argent joue à plein.

 

Et si ces procédures, du fait d’une programmation à grande échelle, avec une complète planification de l’espace et du temps, devaient nécessairement, par une sorte de vice caché, échouer à faire la ville, à faire société, à donner durablement envie d’y vivre ? 

 

Au-delà de nos décrets touchant au « bonheur des hommes » (Candilis), à une « mixité sociale, générationnelle, culturelle » par la planification des fonctions et des typologies d’habitat, sommes-nous vraiment capables de susciter ainsi la vie urbaine ? 

 

Ces modes de production de la ville permettent en effet de programmer (heureusement par tranche), de planifier, de construire et de livrer un ensemble de produits immobiliers sur un marché correspondant à l’aire d’un quartier ou d’une petite ville. Et ce n’est qu’une fois les projets achevés, « commercialisés », que la vie s’y installe dans un espace entièrement pensé au préalable pour elle.

 

Alors qu’il a fallu des siècles pour faire nos villes actuelles, comment vont évoluer ces morceaux de villes où l’espace et la société n’ont pas grandi ensemble ? 

 

Tout nous porte aujourd’hui à douter. Peut-être est-ce de n’avoir pas su, par une planification aujourd’hui incontournable, travailler avec le temps, avec l’imprévisibilité fondamentale du vivant ? Incertitudes de la demande bien sûr, au plan économique, culturel, social et sociétal, incertitudes sur la façon dont les vivants vont s’approprier l’espace qui a été conçu pour eux, sans eux ? 

 

Car c’est bien cette formidable adaptation aux usages de nos villes temporelles que nous avons perdue avec ces procédures planifiées à grandes échelles, dans ces « Zones » où nous nous efforçons — sans plus y croire — de tout prévoir, pour le remettre en question aussitôt que la vie convoquée n’est pas au rendez-vous. 

N’est-il pas temps de réintégrer la temporalité dans nos façons de produire la ville, une temporalité qui a engendré tant de chefs-d’œuvre urbains, dont personne n’a jamais arrêté ni le plan, ni le planning des travaux. Ne nous faudrait-il pas retrouver la juste échelle spatiale et temporelle d’une planification discrète, diffuse et incrémentale, multipliant les petites parcelles en les proposant à ceux qui veulent y vivre (accompagnés naturellement des professionnels compétents) de sorte qu’à nouveau ce soient les citoyens qui fassent leur ville, peu à peu, à leur mesure, selon leurs besoins  ?


Mardi 20 mai 2014 à 18h30 au CMAV

 

 

QUEL TEMPS POUR LES PROJETS ARCHITECTURAUX ET URBAINS ?

 

Avec la participation de :

Claude DUCERT, Président du SICOVAL

 

Annette LAIGNEAU, Adjointe au maire à l’urbanisme, Vice-Présidente Urbanisme et Projets urbains de Toulouse Métropole

 

Christophe SONNENDRÜCKER, APUMP

 

Philippe GONCALVES, président du Conseil régional de l’Ordre des Architectes Midi-Pyrénées

 

Jean LARNAUDIE, Architecte, président de la Maison de l’Architecture

 

Maxim JULIAN, Architecte, président du CMAV

 

Michel DARNET, Avocat, droit de l’urbanisme et de la construction

 

Christian NOAILHAC, CA Immobilier

 

Cyrille THONNELIER, Urbis réalisations

Etienne GUITARD, Responsable du développement, KAUFMAN & BROAD

 

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Alternances et arbitrages politiques, techniques ou budgétaires, suspensions ou gels des programmes, aménagements interminablement concertés (en ZAC), incohérences réglementaires (PLU/OAP/Code de l’urbanisme), sans parler des recours suspensifs et des délais juridiques conséquences de ces réglementations innombrables… Le temps des projets architecturaux et urbains ne cesse de s’accroître alors qu’à la crise du logement s’ajoute aujourd’hui la crise économique. Nous manquons de logements et les professionnels manquent d’activité.

 

 

Entre l’offre et la demande, un mur s’élève toujours plus haut de difficultés à vaincre, de contraintes souvent contradictoires et de contrôles à tous les niveaux qui pèsent toujours plus lourds sur les acteurs, au point qu’il semble que nous ayons atteint ce seuil où l’absurde et l’impossible deviennent leur quotidien... Dans le même temps le coût des logements s’envole dépassant toujours plus la capacité financière des ménages. Comment dès lors conjurer la crise?

 

Le temps, qui façonnait autrefois les villes par une constante adaptation à la vie secrétant cette harmonie socio-urbaine dont personne ne décidait, a laissé place au temps du projet tout entier employé à négocier avec les différentes autorités régulatrices et instances de contrôle. Mais l’intérêt public, la qualité de la vie, de l’architecture et de la ville que visent toutes ces autorités et leurs contrôles sont-ils seulement au rendez-vous ? Tout ce temps des études au service de l’intérêt public sert-il vraiment le public, les habitants, usagers et citoyens, qui ont trop souvent le sentiment d’être oubliés, et désertent les quartiers nouveaux au destin trop incertain ? 

 

Comment libérer les envies, les énergies de la société civile, l’innovation et la créativité des professionnels et des entreprises de sorte à mieux répondre aux défis de la ville et de l’habitat de demain ?

 

L’Etat se pose la question et il a, en effet, fort à faire. Mais les autorités locales, nos élus et leurs administrations, n’ont-ils pas beaucoup à faire également pour contribuer à cette libération nécessaire des énergies et des intelligences ? Comment relancer la dynamique d’un développement durable dont tous nous avons besoin pour mieux vivre ensemble, et pour sortir par le haut de la crise actuelle ?


25 février 2014 à 18h30 au CMAV

 

QUELLE VISION POUR TOULOUSE :

 

Comment anticiper sans figer la ville ?

 

avec la participation de :

Daniel BENYAHIA, Adjoint au maire de Toulouse, délégué à l’urbanisme

 

Antoine  MAURICE, Candidat et Président des élu-e-s  Europe Ecologie les Verts Midi-Pyrénées

 

Régis GODEC, Adjoint au maire de Toulouse, délégué aux écoquartiers, Europe Ecologie les Verts Midi-Pyrénées

 

Liste Jean-Luc MOUDENC (représentant)

 

Liste Christine DE VEYRAC (représentant)

 

Emmanuel DE SEVERAC, Directeur général délégué de l’Oppidea

 

Marie-Christine JAILLET, Présidente du Conseil de Développement, Directrice de recherche au CNRS

 

Christophe  SONNENDRÜCKER, Président de l’Association des Professionnels de l’Urbanisme de Midi-Pyrénées

 

Jean LARNAUDIE, Président de la Maison de l’Architecture

 

Nicolas GOLOVTCHENKO, Vice-président délégué Patrimoine immobilier et reconstruction-Université Toulouse II Le Mirail

 

Robert MARCONIS, Géographe, professeur des universités

 

Catherine SOULA, Urbaniste, paysagiste conseil de l’Etat

 

Philippe GAGNEBET, Responsable de la rédaction de «Friture Mag »

 


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Lorsque l’on parle d’une vision de la ville, on se représente souvent la ville comme un paysage achevé, à 20 ans, 30 ans… Une image en quelque sorte d’une ville idéalisée et comme achevée… Mais nous savons nos visions incertaines à 5 ans, hypothétiques à 10 ans, illusoires à 20. Notre vision est de plus en plus courte dans le temps à mesure que les mutations urbaines accélèrent. Nous avons appris également que planifier les formes urbaines à grande échelle figent la ville dans une sorte de glaciation où les formes ignorent le devenir, où l’espace élève des murs contre le temps.
Nul ne croit plus aux formes idéales, l’heure est au “développement durable“, au “renouvellement urbain“, à un nouveau paradigme du devenir urbain, moins spatial que temporel, moins quantitatif que qualitatif. Car n’est-ce pas finalement le mouvement qui est seul réel, mouvement de la vie et du devenir dont l’espace et le temps ne sont que les nombres. Une vision de notre ville n’est-elle pas dès lors une vision de ce mouvement et de la façon dont il emporte notre communauté vers l’avenir ? Car seul un tel mouvement peut assurer la cohésion dans la durée d’une communauté urbaine. Au contraire, là où le mouvement de la vie urbaine est freiné et se fige se multiplient les fractures sociales.
Plutôt que la question de savoir quelle ville il faut faire, la question n’est elle pas alors de savoir comment nous pouvons faire la ville ensemble ; non plus le pour-quoi mais le comment, non plus la fin mais les moyens. Le paradigme nouveau du “développement durable“ ne nous prescrit-il pas de privilégier les moyens sur la fin, le devenir sur la forme, le temps sur l’espace, et d’en finir avec une certaine modernité qu’il nous faut enfin dépasser.
Cette vision touche alors à notre façon de faire société, de faire ville, ensemble. Et notre ville prendra naturellement la forme du mouvement que nous lui aurons donné, selon une morphogenèse dont nous sommes les acteurs dans la matière et le temps, comme le lit du fleuve, comme le bois de l’arbre… dont la forme est toute entière mouvement, devenir… harmonie.


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