Les mardis de l'Architecture et de la Ville sont des débats libres et publics entre décideurs, acteurs et usagers de l'architecture et de la ville sur toutes les questions touchant aux aménagements architecturaux, urbains et territoriaux concernant Toulouse et sa région.

Débats organisés en moyenne cinq fois par an, animés par Stéphane Gruet, architecte, philosophe.

 

 

2017


Mardi 5 décembre 2017

à 18h30

 

L’architecture et l’urbanisme sont-ils des actes  « politiques» :

Les murs et leurs ouvertures déterminent-ils la qualité de notre vie commune ?

 

De fait, l'architecture dès qu'elle eut vocation urbaine et l'urbanisme plus encore furent au regard de l'étymologie même du mot, des actes "politiques".
Car la “polis", entendue comme organisation d'une multiplicité humaine pour vivre durablement ensemble, dépend bien en premier lieu d'un partage de l'espace en deux sens par division et par mise commun.
Car si la coexistence n'est possible que lorsque chacun est libre de se retirer dans son espace propre, le sens même du politique, passe par l'ouverture à l'espace du commun (comme un).


Or c’est bien le clos et l'ouvert que l'architecte sans cesse détermine, quand il dessine des murs intérieurs ou extérieurs, et dans ces murs, des portes et des fenêtres. Et c'est bien le travail de l'urbaniste que de tracer les limites de l'espace privé et de l'espace public, de circonscrire des espaces pour des hommes qui vont y vivre ensemble, et d'ouvrir des espaces pour leurs circulations et leurs échanges. Il s’agit de ménager des passages entre ces multiples espaces privés et l’espace public ouvert à l'infini pour que, par différence, tension et échange, s'opèrent ces échanges métaboliques quasi biologiques propres aux organismes urbains, et qui assurent l’unité des citoyens par ce dynamisme propre à leur cité.
Ainsi ces murs, qui sont conçus par les hommes de l'art pour être fixes, durables au sens antique d’indifférent au temps, cet “ordre" donné au libre mouvement de vies nombreuses n'a de sens qu'en fonction de ce dynamisme qu'il détermine, et qui n'est autre que l'âme de la cité, son caractère, sa puissance, son attractivité.
Ainsi en est-il des lois données à la cité, comparables pour les Grecs à l’œuvre de ses murailles, ces lois n'ont de sens que pour réguler la vie, l'unifier et lui permettre d'accroître sans cesse à l'intérieur comme à l'extérieur, ses échanges, et son dynamisme créateur de richesses.

Mais l'action politique tient également de la mise en mouvement que de la conservation par l'ordre, autant de la destruction que de la création, comme dans un fleuve, l'eau vive creuse la terre qui lui résiste, cherchant sans cesse la juste mesure. Dès lors, l’architecte comme le bâtisseur de cité est du côté de la terre, de ce qui résiste, des murs, de la norme, des lois et de la géométrie, au point qu'il tend quelquefois à en « oublier la porte » par laquelle entre la vie et qui unit de proche en proche toute une cité, fin de toute politique.
Au point sinon que son œuvre n'a plus rien de politique sinon le pire : la tyrannie des murs qui nous enferment dans une cité devenue carcérale et mortifère, conception totalitaire d'un monde sans liberté, sans échanges et sans création — monde animé du seul mouvement régulier d'un idéal machiniste où tout est contrôlé, et où rien ne peut survenir qui n'ait été prévu — idéal du moderne “grand urbaniste” au XXe siècle.
Ainsi peut-on légitimement penser que toute conception d'un mur, aussitôt qu'il détermine et contraint la vie, est un acte politique, et qu'en tant que tel, il devrait être négocié, soucieux de servir notre nature qui est notre "génie", et non la subjuguer, non de réduire en nous cette liberté sans laquelle il n'est plus de vie ni de création, plus d'habiter ni de cité digne de ce nom.
Si donc nous avons conscience de cette immense responsabilité à l'égard de la vie et de la nature, — que la technè devrait toujours servir et non commander —, comment devons-nous faire pour ne pas faire violence à cette vie avec laquelle, par principe, nous ne sommes plus en contact — comme un constructeur de digues qui travaillerait sans mesurer le mouvement des eaux ?
Car le paradigme industriel, que nous avons appliqué à la construction de l'habitat et de la Ville, n'est-il pas finalement la parfaite analogie du totalitarisme en politique ?

 


Mardi 3 octobre 2017

à 18h30

QU'EST-CE QU'UNE VILLE "DURABLE" ?

Espace et temps de l’aménagement urbain

Jean ROUSSEL, Maire de Baziège

Jean-Marc BORGIA, Maire de Saubens

François AUMONIER, Maire de Fourquevaux

Gérard BOLET, Maire de Montbrun-Lauragais

Pascal AUPETIT, Adjoint au maire de Seilh, délégué à l'urbanisme

Raphaël CATONNET, Directeur général délégué de Oppidea

François RIEUSSEC, Président du Syndicat National des Aménageurs Lotisseurs

Pascal BARBOTTIN, Directeur général de la S.A. Patrimoine

Luc ADOLPHE, Institut de la Ville, professeur INSA,

Pierre ROCA D'HUYTEZA, Urbaniste, Responsable formation Sciences Po, Association des Professionnels de l’Urbanisme MP

Jacques TORRES, Architecte DPLG, urbaniste, Enseignant MAA Ville et Territoire ENSA Toulouse

Catherine SOULA, Écologue, paysagiste, urbaniste, paysagiste-conseil de l’Etat, enseignante à l’ENSAP de Bordeaux

Cédric DUPUIS, architecte, doctorant LRA ENSA Toulouse


« On parle beaucoup de « ville durable ». Mais on continue le plus souvent de planifier la ville comme un projet technique, entièrement prémédité et soumis au paradigme industriel, où ce qui a été conçu hors du temps peine ensuite à prendre vie, à s’inscrire dans le devenir de la ville et d’un territoire.

Mais personne ne croit plus que la ville puisse être "une machine à habiter” ? Sans attendre que le temps ne condamne à nouveau ces plans à grande échelle, ces quartiers qui poussent au rythme des investissements spéculatifs, comment penser la temporalité de l’aménagement et du développement urbain pour donner à nos projets le temps nécessaire d’une adaptation aux aspirations des habitants et au développement de la vie sociale ? Comment, autrement dit, donner aux gens l’envie d’y vivre ?

Tout artifice spéculatif s’est avéré vain, car la vie ne suit jamais nos calculs et nos plans ; ne faudrait-il pas dès lors que ce soient nos plans qui s’adaptent à la vie ? Nous savons bien ce qu’il ne faut plus faire, que le modèle industriel est révolu, qu’on n'apprend pas au gens à habiter, et savons bien qu’il nous faut réapprendre à travailler avec le temps, la nature et les hommes. Mais comment faire ? »

 


Événement Mois de l'Architecture Occitanie


Mardi 13 juin 2017

à 18h30

au CCHa

5 rue St Pantaléon

 

Avec le concours d'Architectes Sans Frontières dans le cadre de

leur exposition "EXPONOMADES #2"

“L'ARCHITECTURE EST-ELLE UNE FIN EN SOI ?

Le projet comme fin ou comme chemin vers les autres ?”

 

avec la participation de :

Lucas KANYO, architecte brésilien, Architectes Sans Frontières
Patrick PEREZ, anthropologue, architecte, enseignant à l’ENSA
Douchan PALACIOS, architecte, membre ASF, enseignant à l’ENSA, membre de Faire-ville
Chloé BODART, architecte,  Chloé Bodart / Construire
Luc MONNIN, architecte, président du GIE Caths
Jean-Baptiste FRIOT, architecte, maison de l’architecture, membre de Faire Ville
Jean-Pierre CORDIER, architecte, chercheur émérite en développement durable,
Jaufret BARROT, Association “Unitycube”, architecte DEA
Mélodie DALY, Association “Le bruit de la conversation”, étudiant en architecture
Quentin DELOIRE, Association “Architake Tour”, étudiant en architecture

 

vous pouvez écouter ce débat en ligne


Les engagements alternatifs et associatifs des nouvelles générations d'architectes, tels les Architectes Sans Frontière en l'honneur aujourd’hui au Centre des Cultures de l’Habiter, et bien d'autres qui parcourent la France et le Monde en quête de sens, témoignent à eux seuls que notre Monde a changé, et que nos façons de faire doivent aussi changer.

Devant la crise du métier de l'architecte, et pour beaucoup sa perte de sens, ne nous faut-il pas en effet réinventer notre manière de concevoir et de construire ensemble le monde de demain, sortir du "champ clos" de « l'architecture pour architecte » qui perd de vue sa "raison d'être", et retrouver un sens nouveau à notre engagement ?

La mainmise des pouvoirs financiers et des BTP, au travers des concours conception-construction et la concentration des acteurs qui se fait au détriment de la multiplicité, de la liberté de ceux qui créent au fond les richesses véritables, ces modes de production qui éloignent toujours plus les producteurs des consommateurs, ont aussi et surtout pour effet d'éloigner toujours plus l'architecte, au service des princes d'hier et d'aujourd'hui, des autres hommes ?

Mais l'architecte, toujours “par nécessité" au service du pouvoir et de l'argent, qui au siècle dernier s'est voulu démiurge, réformateur social, « artiste pour le peuple » pour « bâtir la vie » et « apprendre au gens à habiter », cet Architecte avec le grand A de Archè, qu'a-t-il fait sinon ces « cages à lapins » qu'il n'a jamais habitées.

L'architecte peut-il aujourd'hui renouveler sa pratique pour retrouver du sens, et mettre son art au service des gens ? C'est cette "révolution" à laquelle d'instinct tant d’initiatives associatives veulent s'engager aujourd'hui, expression de cette aspiration sensible chez tant d'étudiants en architecture en quête du sens social, humain, de leur engagement pour un monde plus juste et durable.

Mais derrière ces pratiques alternatives se profilent d'autres enjeux plus fondamentaux encore, qui tiennent à la manière même de faire et de penser. Car l'architecture ainsi conçue peut-elle encore chercher à reproduire ces images que véhiculent les puissances financières et qui circulent sur les magazines papier ou web, qui n'exprime plus rien ni des hommes, ni du temps, ni du monde dont elle est censé naître. Faudrait-il voir dans les tours de Dubaï, Shanghaï ou San Francisco le seul destin possible de l'architecture et d’architectes postmodernes cyniques et désespérés ? Quant aux images de cette architecture d’après-guerre "pour le peuple sans le peuple", qui ont discrédité pour longtemps les idéaux du mouvement moderne en renvoyant à la posture de l’architecte ; ces champs couverts de bungalows financés par la Banque mondiale ou construits par délégation par des entreprises pour les pauvres déplacés des favélas ; ces champs enfin de tours au pays du mariage parfait du capitalisme avec le communisme, toutes ces images sont bien l'expression d'un même mode de production centralisé des pouvoirs industriels et financiers, loin des peuples qu'ils prétendent servir.

Dès lors n'est-ce pas l'image, le projet ou “produit” industriel, sans la participation des hommes concernés, qu’il faut cesser de poursuivre comme fin pour privilégier au contraire le chemin qui relie les hommes, c’est-à-dire le processus, le faire-ensemble ? Non plus à partir d'une idée qui sort toute faite de la tête d'un architecte-star, mais à partir d'une terre, des conditions et des hommes en présence qui furent et restent les moyens premiers de cette architecture que l'on a appelée “vernaculaire“.

Construire non plus une image ou une idée, non une fin mais un chemin ? S'engager non plus pour mais avec une communauté humaine en partant d'une terre et d'une culture au commencement du chemin, et être prêt à affronter les difficultés d'un engagement qui repose encore essentiellement sur le militantisme et le bénévolat, n'est-ce pas par là que la révolution commence, une révolution de la pensée, une révolution de la manière de construire ensemble ?

 


Mardi 2 mai 2017

à 18h30

 

au CCHa

5 rue St Pantaléon

Débat du 2 mai 2017, auto contruction

L'AUTO-CONSTRUCTION EST-ELLE UNE SOLUTION ?

Avec la participation de :

Thierry DOUZAL, Maire de Salles sur Cérou
Germain SAHRY, directeur Emmaüs Pau Lescar
Vanessa DE CASTRO, assocation Architectes Sans Frontières
Florence CLIMACO, association Compagnons Bâtisseurs
Michel DARNET, juriste de la construction, vice-président d’Ecobâtir, membre de Faire-ville
Jean-Loup FICAT, auto-constructeur
Stéphane GODARD, contrôleur sécurité incendie et auto-constructeur
Xavier PINON, formateur AFPA et architecte
François HERBEL, association Bois & Cie
Jaufret BARROT, ingénieur INSA, architecte DEA, ENSA Toulouse

 

Débat animé par Stéphane GRUET, architecte, philosophe


Notre modèle de développement, industriel et normalisé, grâce auquel on a répondu aux crises du logement du siècle passé, offrant au plus grand nombre l’accès aux conditions de vie moderne, au plan technique et sanitaire, ce modèle ne parvient manifestement plus aujourd’hui à répondre aux besoins des populations les plus pauvres, dont une part croissante perd aujourd’hui l’espoir d’accéder à un habitat digne de ce nom.

Dans l’habitat populaire ancien, dit vernaculaire, comme dans bien des pays moins « développés » que le nôtre, les communautés locales construisent par elles-mêmes avec les ressources disponibles localement, ou font appel au savoir-faire de leurs proches, selon une économie informelle et solidaire, en “circuit court”, comme on dirait aujourd’hui.

 

Dès lors les personnes sans logement décent, et souvent sans travail, ne pourraient-elles, dans certaines conditions, travailler à leur propre logement ? Elles renoueraient ainsi avec un certain sens du verbe « habiter » autrefois indissociable du verbe “bâtir”. Et si leur production ne peut être irréprochable au plan des normes techniques aujourd’hui exigibles, combien de bénéfices pourraient-elles en retirer, pour elles-mêmes et pour la communauté tout entière, au plan économique, social et humain ?

Car ces activités du bâtiment ont été progressivement déqualifiées et dévalorisées par l'industrialisation et la séparation en France plus qu'ailleurs entre une sphère intellectuelle de conception et de contrôle —toujours plus coupée du “faire”— et la sphère manuelle qui lui est assujettie, dévalorisée et réduite à l’exécution d’un travail sans âme.

L'auto-construction qui échappe par principe aux standards, normes et règlementations régissant les rapports entre les producteurs et les consommateurs —laquelle interdit de fait l’innovation et la liberté de l’art à l’origine de toute vraie richesse architecturale— l’auto-construction n'ouvrirait-elle pas une perspective nouvelle pour la revalorisation du faire (de la poïésis), en même temps que des travaux manuels, d’un nouvel « art de bâtir », et finalement de l’architecture elle-même ?

Sans doute les savoir-faire se sont-ils perdus au cours d’un siècle d’industrialisation lourde et de quatre décennies post-industrielles de chômage de masse ; sans doute le statut locatif d’un grand nombre de ménages modestes leur interdit de planter un clou ; et sans doute, de « choc de simplification » en « choc de simplification », les autorisations administratives, les conditions règlementaires, juridiques et fiscales viennent-elles compliquer à n’en plus finir ce qui autrefois était si simple, comme se construire une cabane pour dormir à l’abri.

Mais au point où nous en sommes, n’est-il pas devenu tout à fait absurde d’interdire, alors qu’il faudrait les aider, à tant de malheureux de se construire un abri de fortune, en planches ou en simple toile, pour sauver un ordre social et une économie qui les a exclus et les laisse aujourd’hui sans espoir d’avoir un jour un toit à eux ?

Et si l’on peine à imaginer nos villes emplies de campements précaires ou de « bidonvilles », n’est-il pas temps précisément d’anticiper et d’envisager qu’une autre économie de la construction, moins formelle, soit également possible, et qu’un nouvel habitat social puisse se développer, où les plus modestes pourraient bâtir pour eux-mêmes des constructions simples, poétiques, belles et durables, les aménageant par eux-mêmes et pour eux-mêmes, selon leurs besoins, leurs désirs, et leurs savoir-faire ?

Car c’est sans doute en laissant chacun un tant soit peu libre de construire et de se reconstruire que l’on pourra seulement se reconstruire comme communauté humaine ouverte et solidaire, une et multiple à la fois, tissée de ces liens de dons et de contre-dons indéfectibles parce que non monétaires, et sans lesquels il n’y a pas de société durable.

 

 


Mardi 14 mars 2017

à 18h30

 

au CCHa

5 rue St Pantaléon

QU'EST-CE QU'UNE ARCHITECTURE DURABLE ?

Jean-Luc BRIS, adjoint au Maire de Portet-sur-Garonne à l'Aménagement de la Ville et des espaces publics,
Benoit MELON, architecte et urbaniste en chef de l'État, délégué à l'architecture de la DRAC,
Pierre FERNANDEZ, architecte, enseignant à l'ENSA Toulouse,
Jean-PIerre CORDIER, architecte, enseignant-chercheur honoraire, auteur de "Conception architecturale et RT 2012",
Catherine SOULA, ingénieur écologue, paysagiste, urbaniste OPQU,
Thierry PERROCHEAU, directeur général de Méco-concept (brique de terre crue),
Alain GRIMA, architecte G.G.R,
Jean-François COLLART, architecte,
Jean-Baptiste FRIOT, architecte BAST (sr),
Margot HAYOT, étudiante en Master 2 d'architecture à l'ENSA,

Vous pouvez écouter ce débat ici

 

Cela fait 25 ans que l’on parle de "développement durable". Mais si l’on ne cesse de reprendre le petit catéchisme trinitaire de l'union du social, de l'économique et de l'environnemental, qu’entend-on par “architecture durable” ?

La participation et l’entraide, les solidarités socio-économiques, la mutualisation de l’espace, l’économie générale des moyens et des énergies sous toutes leurs formes, jusqu’aux conceptions “bioclimatiques“ et aux matériaux “biosourcés”, n’est-ce pas précisément ce que les hommes ont toujours fait spontanément jusqu’à l’avènement de l’industrialisation et de la normalisation de la construction ?

Il semble qu’il faille aujourd’hui réinventer en laboratoire, et imposer à coup de règlementations, de normes et de labels, de performances et de contrôles, et d’une assommante pédagogie, ce qui autrefois se faisait sens de l'économie naturelle, par la constante et libre invention de tous.

L’architecture semble nourrie encore par ces mythes planificateurs et techno-scientifiques qui ont abouti aux impasses économiques, sociales et environnementales du XXe siècle ? Et pourquoi ne pourrions-nous penser et construire ensemble aujourd’hui comme hier des murs qui soient d’une qualité telle que nul ne voudra plus les détruire, mais les réhabilitera avec soin pour ses nouveaux besoins ? Ne serait-ce pas là une architecture durable au plan social, économique et environnemental ? Le patrimoine que nous léguerons à nos enfants ?

 

 



Mardi 31 janvier 2017

à  18h30

 

au CCHa

5 rue St Pantaléon

REPRÉSENTATION ET PARTICIPATION; élus et citoyens, comment faire la ville ensemble ?

avec la participation de :
Jean-Luc LAGLEIZE, adjoint au mairie de Toulouse pour les opérations de développement urbanistique, représentant Jean-Luc Moudenc
François-Régis VALETTE, maire d'Auzeville

Jean-Claude PONS, maire de Luc-sur-Aude et membre de Faire Ville
Jean-Luc BRIS, adjoint à l'urbanisme de Portet-sur-Garonne, membre de Faire-ville (sr)
Céline GISLARD, responsable d'opération, Oppidéa (sr)
Jean-Paul COLTAT, directeur général de la S.A. Des Chalets
Jean-Yves PUYO, urbaniste, APUMP
Gérard GASSELIN, président de Solidarité Villes
Nicole FENAN (ou son représentant), vice-présidente du comité des associations des Pradettes
Guillaume DRIJARD, président de l'Union des comités de quartier
Jacques COLOMBIÉ, citoyen habitant et membre de Faire Ville


Vous pouvez écouter ce débat

 

La participation des citoyens, usagers et habitants est tenue aujourd'hui pour incontournable pour faire une ville socialement durable et appropriée. Cependant, si la participation à la construction ou à l'aménagement de son habitat est naturelle pour déterminer une appropriation légitime, qu'en est-il de la participation des citoyens-usagers aux grands choix d'aménagements urbains ou à la conception d'espaces publics qui concernent l'ensemble des citoyens d'une Métropole, riverains et usagers ?

Ainsi se trouve posé le problème de la représentativité de la participation face à la représentation démocratique, et du conflit inévitable entre la légitimité du désir de participation des citoyens, et la légitimité de la démocratie élective. Si bien que l'indispensable participation doit bien admettre, quels que soient l'engagement et les compétences techniques acquises par les plus actifs, que la légitimité des arbitrages revient en démocratie élective aux élus en responsabilité.

Cependant si les grands choix d'aménagement doivent nécessairement revenir aux élus, après qu'ils ont entendu et mesuré les attentes de leurs électeurs, il reste que les citoyens ont besoin de prendre part, sinon à la décision, tout au moins doivent-ils partager par l'esprit ou l'action la mise en œuvre de ces décisions, de sorte qu'ayant pris part d'une façon ou d'une autre à l'œuvre collective, ils se l'approprient collectivement.

Ainsi Simone Weil écrivait en 1943 que toute société qui n'est pas capable de donner à chacun le sentiment de la part qu'il prend à l'œuvre collective est tarée et doit être transformée.

Certes le technique suppose un savoir-faire spécifique, mais dans le domaine politique, la confusion du technique et du politique, de la démocratie et de la technocratie n'est elle pas souvent à la source de ce sentiment si répandu aujourd'hui que les choses sont faites pour nous sans nous, au risque d'être faites contre nous. Et c'est ici que le sentiment de la participation à l'œuvre collective devient tellement essentiel comme ce "besoin fondamental de l'âme humaine" dont parlait Simone Weil.

Si l'on partage alors ce point de vue éminemment politique, il reste que sa réalisation entre démocratie formelle, et technocratie exécutive, ne peut se satisfaire d'une communication politique unilatérale. Dés lors quels moyens peuvent être mis en œuvre pour mieux associer élus et citoyens dans le sentiment d'une oeuvre véritablement collective, de sorte que construisant ensemble, nous nous construisions comme une communauté urbaine véritable.


Reporté en  décembre 2017

 

au CCHa

5 rue St Pantaléon

INNOVATIONS FONCIÈRES, démembrement, baux emphytéotiques, Community Land Trust,… Comment faire évoluer la propriété foncière pour mieux servir les besoins ?


2016


Mardi 18 octobre 2016 

à  18h30

 

au CCHa

5 rue St Pantaléon

Débat agriculture urbaine CCHa

L'AGRICULTURE URBAINE, Autonomie alimentaire ou autre façon de vivre la ville ?

Avec la participation de :
• Jean-Michel BOUAT, Adjoint au Maire d’Albi délégué au développement  durable, à l’agriculture urbaine

et à l’eau
• Antoine MAURICE, Conseiller municipal de Toulouse
Président du groupe des élu-es «Toulouse Vert Demain»
• Catherine SOULA, Écologue, paysagiste, urbaniste
Paysagiste conseil de l’État
• Florian Champoux,  Terr’eau ciel, Experts en agriculture urbaine et paysagisme comestible
• Joseph Gonzalés, Toulouse en Transition
• Philippe Dubois,  Borderouge en Transition
• Pascal Bordier, Association Cosmos

 

Vous pouvez écouter ou télécharger ce débat ici



Mardi 14 juin 2016 

à  18h30

 

le DÉBAT aura lieu

au CHÂTEAU de SOULE

13 avenue de Suisse,

31520 RAMONVILLE St AGNE

Copropriétés dégradées : PRÉVENIR OU RECONSTRUIRE ?

Avec la participation de :

 

• Christophe LUBAC, Maire de Ramonville St Agne
• Claudia FAIVRE, Maire-Adjointe Aménagement du territoire,

Patrimoine, Transports, Ramonville St Agne
• Isabelle PAGÈS-FOURNIER, Chef du service Cohésion et Mixité de l’Habitat au SICOVAL
• Pierre MARCHAL, Responsable du Pôle aménagement, S.A. des Chalets
• Pascale BRANDALAC, Directrice de l’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement)
• Benoît CHANSON, Architecte, Ingénieur ENSM

 

Pour accéder au Château de Soule

Ligne B du métro, arrêt Université Paul Sabatier, puis le bus 56, arrêt Chateau de Soule


Il est de notoriété publique que les copropriétés pauvres et dégradées constituent un problème presque insoluble en France.

Au point que la solution qui finit souvent par s'imposer est la démolition et la reconstruction.

Comme pour les quartiers dits sensibles, les études ont pourtant bien montré que ni la construction, ni l'urbanisme, n'étaient au fond la visée de ces démolitions-reconstructions, mais il s'agit bien souvent de sortir d'une situation sociale, conflictuelle et juridiquement insoluble.

À tel point qu'un habitant de Midi-fac, première démolition du quartier Reynerie au Mirail à la fin des années 90, a pu dire : « en France quand on ne sait pas résoudre un problème, on efface le problème ».

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Car le problème n'est pas toujours, loin s'en faut, lié à la mauvaise qualité des constructions. Il tient surtout à l'entretien indispensable pour toute construction quel qu'en soit la qualité, et plus encore au délabrement de la vie sociale au sein de la résidence, accélérant par les cessions sa dévalorisation et sa dégradation tout à la fois physique et sociale.

Si bien que le problème est d'abord, tout le monde en convient aujourd’hui, un problème de gestion, financière et juridique, de l’entretien de la copropriété. La théorie du "carreau cassé " aux États-Unis affirmait ainsi qu'il fallait s'empresser de réparer la moindre carreau cassé de sorte à éviter la spirale de la dégradation d'une résidence.

Il est couramment admis que les pauvres n'ont pas les moyens d'accéder à la propriété, parce qu'il n'ont pas les moyens de l'entretenir convenablement. Mais cette idée est démentie par tous les pauvres qui paient leurs loyers, notoirement prohibitifs pour eux dans le parc privé, lesquels loyers permettent toujours de financer l'investissement et l'entretien. Cette idée ne tient pas non plus lorsque l'on constate que le blocage principal tient aux bailleurs privés et non aux propriétaires habitants. C'est donc la spéculation et non la pauvreté en soi qui est ici responsable.

Quant au risque que l'on fait courir aux pauvres qui n'ont pas les moyens de faire face aux dépenses imprévues, il suffit de les prévoir, comme le font les bailleurs sociaux puisque les loyers sociaux ou privés financent de fait ces risques.

Mais il est certain que la loi de 1965 sur les copropriétés, laquelle s'accorde nécessairement avec le code civil napoléonien qui sanctuarise la propriété individuelle, cette loi crée un paradoxe lorsqu'elle préserve les droits de propriétaires individuels dans une construction unique dont les murs, les planchers et le toit sont propriété collective. Ici le fondement du droit n'est-il pas quelque peu contradictoire?

Mais les infrastructures juridiques du code civil semblent à ce point figées que même si l'on constate des avancées dans les textes récents (loi ALUR, loi Macron, loi sur la transition énergétique) les juristes peinent à faire évoluer de façon plus décisive ce droit de ce point du vue problématique.

Les réflexions actuelles, notamment liées aux démarche coopératives et participatives dans l'habitat, sur les formes de propriété collective en indivision de type SCI ou de type coopérative, pourraient permettre de sortir de ce dilemme et engendrer à l'avenir des formes nouvelles d'accession à la propriété plus vertueuses du point de vue d'une gestion durable et soutenable puisqu'elles permettent d'anticiper dès l'origine les dépenses d'entretien là où la copropriété dépend toujours d'un vote en Assemblée Générale, et du bon règlement des sommes dues lors des appels de fond.

Car il est évident pour tout ceux qui ont été confrontés à ce problème que sur ce sujet de la vie sociale d'un habitat, il faut absolument prévenir ce que l'on ne sait guérir, puisque le plus souvent c'est la destruction qui solde le manque de prévention.


Mardi 19 avril 2016 

à  18h30

 

le DÉBAT aura lieu

au CCHa

5 rue St Pantaléon, Toulouse

(ancien CMAV)

Habitat d'urgence et dignité de l'habitat,QU'EST-CE QU'HABITER ?

Avec la participation de :

• Romuald PAGNUCCO, Conseiller Délégué en charge des Immeubles menaçant ruine, du Ravalement des façades et de la Gestion des Enseignes
• Jean-Paul COLTAT, Directeur général S.A. des Chalets
• Luc MONNIN, Architecte Studio K et dirigeant du bureau d’études CATHS Ingénierie sociale
Vanessa DE CASTRO CERDA, association Architecte sans frontières
Maxim JULLIAN, Architecte
Lucas KANYO, Doctorant à l’ENSA Toulouse
François HERBEL, association Bois & Cie

• Sarah BARRIÈRE, association AVEC [Actions pour Vaincre l'Exclusion de Citoyens]

• Aldo Maggiore, CCPRA Midi-Pyrénées (Conseil consultatif des personnes accueillies et accompagnées)

Virgine GARNIER et Vincent VERBRUGGHE, Travailleurs sociaux au 115, Collectif GPS (Groupement Pour la défense du travail social)
Thomas COUDERETTE, CEDIS (Collectif d’Entraide et D’Innovation Sociale)

 

Vous pouvez écouter ce débat ici

 


     Nombreux sont ceux aujourd’hui qui cherchent des solutions au scandale de ce nombre croissant de personnes et de familles à la rue, en voulant relancer la production industrielle de logements sociaux, en imaginant des solutions d’hébergement d’urgence, ou en concevant des abris de fortune, précaires, mobiles ou démontables… voire même écologiques.
Mais il est clair déjà depuis longtemps que tout le monde ne pourra avant longtemps avoir accès à un vrai logement, social ou non, conforme à l’ensemble des normes et règlements qui régissent la production du logement en France.
     Mais si la possibilité d’accéder à un “logement autonome” semble reculer en proportion inverse de l’inflation normative qui ne cesse de renchérir son coût, qu’en est-il de la question de la dignité de ces solutions, qu’elles relèvent du logement ou de l’hébergement, voire de ces cabanes en carton que l’on en est venu à imaginer pour protéger les sans-abri du froid et d’une totale exposition dans la rue.
C’est que la dignité ne peut être évaluée en termes de conformité à des normes et des labels, en coûts et performances techniques, ni en chiffres et ratio. Elle est avant tout une question de regard, de regard sur soi-même et de regard des autres sur soi-même, les deux s’engendrent mutuellement.

     Ainsi on peut construire aujourd’hui des logements rigoureusement conformes et perçus comme indignes de par leur environnement et leur image. De même on peut vivre de façon frugale et modeste dans une construction d’une admirable dignité et d’une magnifique simplicité. Question de latitude et de milieu ?
Question de regard où l’esthétique résultante se trouve quelquefois érigée en modèle… Voir les hôtels de tourisme équitables ou pas équitables du tout…
    Outre la construction, la dignité d’un habitat est souvent tributaire de la relation qui s’établit par elle entre ceux qui l’ont produit et ceux qui en jouissent. Ainsi la plus haute dignité est sans doute celle de celui qui construit pour lui-même, le “maître d’ouvrage”, et la moindre dignité se trouve lorsque l’on est “logé” par un tiers dans des conditions sur lesquelles on a aucune prise, assujettis que nous sommes à un gestionnaire, aussi bien intentionné et dévoué soit-il.
C’est ainsi que Roland Simounet trouvait plus de dignité dans les bidonvilles de Mahiedine à Alger que dans bien des constructions de relogement d’urgence.
C’est ainsi que certains choisissent la liberté de la rue refusant d’aller s’abriter dans des centres d’hébergement d’urgence pourtant conçus en toute rationalité et conformité normatives pour eux, mais naturellement, sans eux. On s’est souvenu de la formule de Ghandi :”tout ce qui est fait pour vous, sans vous est fait contre vous.”
     Outre donc un problème économique de production de logement, au-delà de l’écart croissant entre les ressources des ménages et le coût de sortie du logement neuf, au-delà des plans de centaines de milliers de logements, sans cesse avortés, nous savons bien aujourd’hui que la production industrielle massive telle qu’elle fut mise en œuvre après-guerre ne répond pas à cette aspiration naturelle à la dignité humaine. Au point qu’on les démolit aujourd’hui, alors même que ces logements sont souvent conformes, voire même spacieux et exceptionnellement bien conçus, comme au Mirail.
L’homme a besoin d’un toit certes et de pouvoir se tenir au chaud. Mais n’a-t-il pas besoin de dignité autant sinon plus encore que de performances normatives et de label environnementaux ?

     Et la première de ces dignités n’est-elle pas de rendre à chacun le droit d’œuvrer pour lui-même et par lui-même à son bien-être et à celui de ses proches ? N’est-elle pas de retrouver un peu de cette liberté qu’ont les animaux, — disait Le Corbusier lui-même —, de déterminer leur espace propre ; une liberté dont seuls les hommes, à l’exception des plus riches, sont aujourd’hui dépourvus.
“On ne vous loge pas on vous stocke” trouvait-on écrit sur les murs du Mirail dans les années 70, ou encore “je ne veux pas mourir ici”. Et l’on songe irrésistiblement aux élevages industriels de poulets, en se posant légitimement la question : les mêmes paradigmes industriels peuvent-ils régir à la fois la production des poulets en batterie et le logement des populations les plus modestes ?
Quelle dignité, dès lors, pour ceux qui ont décidé de vivre libres, et pour qui de bonnes âmes bien intentionnées ont conçu des boîtes tout confort à produire en séries industrielles ?
La seule solution à cette question de la dignité d’un abri se trouve certainement dans la bouche des intéressés. Et il y a fort à parier qu’elle sera différente pour chacun d’entre eux, et qu’elle sera chaque fois un rêve qui lui sera propre, incommensurable aux autres rêves. C’est ainsi que nous aurons autant de rêves qu’il y a d’hommes, et que chaque rêve sera sa création propre et l’expression de sa liberté.

 

Mercredi 17 février 2016 

à  18h30

 

le DÉBAT aura lieu

à BALMA

Résidence CALLISTO

8 rue Marcel Pagnol, 31130 Balma

"ACCÉDER AUTREMENT À L'HABITAT… pour faire la ville !"

Avec la participation de :
Vincent TERRAIL-NOVES, Maire de Balma
Julien KLOTZ, Conseiller départemental, président de la commission Logement - Développement durable
Régis GODEC, Conseiller métropolitain - Toulouse Métropole
Thérèse PICHON, ancienne adjointe à l’urbanisme de la ville de Balma en charge de la ZAC de Balma-Vidailhan
Céline Gislard, chef de projet de la ZAC Vidailhan pour l’Oppidéa
Jean-Paul COLTAT, Directeur général de la S.A. des Chalets
Pascal BARBOTTIN, Directeur général de Patrimoine SA Languedocienne et Président de la Coopérative Toulousaine d’Habitations
Douchan PALACIOS, architecte
Mathieu LEMAÎTRE, président de l’association des habitants de CALLISTO
Vincent CHABOY, association Vivr’A Vidailhan


De l’habitat à la ville, il y a ce même rapport qui lie l’individu à la société.

C’est avec des maisons que l’on fait une ville, et c’est avec des citoyens que l’on fait une cité” disait déjà Rousseau.

N’est-ce pas, en effet, du “partage de l’espace”, de la “participation” de chacun à la vie collective, que naît une “communauté urbaine” qui soit une communauté humaine, une grande famille de voisins à laquelle on s’attache avec le temps lorsqu’on prend le temps de l’échange et du partage ? N’est-ce pas ce “commerce des hommes” qui n’est pas nécessairement marchand, qui les enrichit et d’où naissent les solidarités sociales et le goût du vivre ensemble  ?

C’est aujourd’hui possible avec les nouveaux modes d’accession sociale à la propriété. Plutôt que de miser sur la spéculation financière et fiscale dont chacun sait qu’en dopant la production immobilière, elle tue la ville. N’est-il pas urgent, dès lors que les solutions existent, de miser sur l’accession sociale à la propriété et sur la participation de tous pour “faire ville” ensemble ?

L’habitat participatif, sous ses formes les mieux maîtrisées, qui remet l’homme au commencement et au centre du projet, n’est-il pas dès lors un des moyens privilégiés de faire la ville ? Afin que de la crise que nous traversons renaisse la ville.

 

2015


Mardi 15 Décembre 2015 

 

le DÉBAT aura lieu à

Centre culturel ALBAN MINVILLE

1, place Martin-Luther-King,

31100 Toulouse

 

"HABITER LE MIRAIL : peut-on parier sur le renouvellement du quartier ?"

Avec la participation de : 

  • Franck BIASOTTO, Maire adjoint au quartier, vice-président de la commission habitat de Toulouse Métropole
  • Alain MARGUERIT, Paysagiste, urbaniste, en charge du projet de Reynerie
  • Louis CANIZARES, Architecte, urbaniste “Dessein de ville”, en charge du projet de Bellefontaine
  • Pascal FAURE, Directeur adjoint Ressources & Territoires, Centre de ressource politique de la ville
  • Hafid EL ALAOUI, Habitant et co-fondateur de la Maison de quartier de Bagatelle
  • Jacques DELAMONT, Président de la Régie de quartier Bellefontaine
  • Jacques COLOMBIÉ, Administrateur de l’AERA, ancien président de l’association des copropriétaires de Bellefontaine

Vous pouvez écouter ou télécharger ce débat en cliquant ici


Le Mirail fut l’expérience urbaine majeure des architectes du Team Ten, la seconde génération moderne, résolument critiques du premier urbanisme de la Charte d’Athènes, engagés, dès les années 50 pour restaurer la dimension sociale et temporelle, la mixité sociale et générationnelle, l’échelle humaine, les échanges et la convivialité des villes traditionnelles avec leurs rues, dans une conception radicalement renouvelée de l’habitat et de la ville.

Mais cet “urbanisme à visage humain”, comme disait la presse de l’époque, a suivi finalement le même destin que n’importe laquelle des ZUP françaises. Alors que toute ville, par nature, se renouvelle sur elle-même, Le Mirail semble, à peine achevé, s’être figé hors du temps, tandis que la spirale de la dévalorisation sociale et immobilière et le tri social n’ont cessé depuis leur œuvre dégradante.

Trente ans plus tard, on songeait déjà qu’il faudrait tout reprendre à zéro.

Après les émeutes de 1998 et 99 (suivies de celles de 2005 et 2007 en écho à celles de la région parisienne), après les programmes successifs de “politiques de la ville” : DSU, DSQ, GPV, GPU, PNRU, et autres GUP et CUCS (Développement Social des Quartiers/Urbain, Grands Projets de Ville/Urbain, Plans Nationaux de Rénovation Urbaine, Gestion Urbaine de Proximité, Contrat Urbain de Cohésion Sociale)…, 50 ans après le lancement du chantier, 15 ans après l’annonce du Grand Projet de Ville, la mixité tant attendue est-elle au rendez-vous ? Quelle politique, quels investissements, quels moyens, quelles stratégies ont été engagés pour inverser la terrible spirale de la dévalorisation et créer enfin les conditions d’un véritable renouvellement du Mirail ?

Suite au lancement de tant d’opérations d’urbanisme réparateur, de projets successifs à partir de 2003 de la dite “rénovation urbaine”, de démolitions, de reconstructions ou de rénovation… Jusqu’à l’effacement progressif prévu à Reynerie de la totalité des immeubles du plan Candilis, avons-nous enfin de bonnes raisons d’espérer le renouvellement de ce quartier de Toulouse ?

Qui est prêt aujourd’hui à parier sur le renouvellement du quartier ? Qui est prêt à aller y vivre, à s’y investir/à y investir ? Car il faudra bien un jour que ce quartier de Toulouse se fonde tout à fait dans la métropole, se banalise, que le temps et la vie y reprennent leurs droits.

Que nous faut-il encore pour y croire, pour que tout un chacun puisse s’y projeter dans un avenir plus heureux ?


Mardi 23 Novembre 2015

 

le DÉBAT aura lieu à DARWIN Éco-système, Bordeaux

87, quai des Queyries, 33000 Bordeaux

"HABITAT PARTICIPATIF : un habitat accessible à tous ?"

Les intervenants :

• Solène CHAZAL, conseillère municipale déléguée au logement et vice-présidente du réseau national des collectivités pour l’habitat participatif,

 Loris DE ZORZI, directeur général d’AXANIS

• Mélanie DARROMAN, chargée de projet Le COL, agence de Bordeaux

 Hugues JOINEAU, architecte de La Ruche, agence Dauphins architecture

 Cyrille POY, président des Cityzens

• Bruno FLOQUET et Jérome GONIN, futurs habitants du projet Terra Arte

• Martine LEHERPEUR et Raoul TOESCA, des associations H’Nord et Boboyakas, et du réseau At'Coop

 

Vous pouvez écouter ou télécharger ce débat en cliquant ici



Mardi 20 Octobre 2015

 

le DÉBAT aura lieu à L'ESPACE

CARTOUCHERIE

181 avenue de Grande Bretagne

- Tram T1, arrêt Casselardit,

Bus 45 ou 64, arrêt Casselardit

"Faire ville : COMMENT HABITER UN NOUVEAU QUARTIER ?"

 

Avec la participation de :

Jean-Luc LAGLEIZE, Adjoint au Maire délégué aux opérations de développement urbanistique, Président de la Commission Aménagement et Politique Foncière de Toulouse Métropole

• Marthe MARTI, Maire de quartier Fontaines-Bayonne-Cartoucherie

Laurence CASALIS, Adjointe au Maire de Colomiers, déléguée à la rénovation urbaine, à l'urbanisme, à l'habitat et à l'environnement

Emmanuel DE SEVERAC, Dir. général délégué, OPPIDEA

Jean-Pierre COLTAT Dir. général de la SA des Chalets

Patrick SAINT-AGNE, Président  de la FPI Midi-Pyrénées

Philippe GONCALVES, Président de l’Ordre des architectes Midi-Pyrénées

Luc Monnin, Président UNSFA  31 (Union Nat. des Syndicats Français d’Architecture)

Céline LOUDIER-MALGOUYRES, Sociologue-Urbaniste, APUMP

• Uli SEHER, Cogérant BRS, enseignant-chercheur ENSAT

Anne PERE, Présidente du collectif JOB, urbaniste


Élus, aménageurs, urbanistes, paysagistes, opérateurs, architectes, entrepreneurs, tous travaillent de concert à construire ces nouveaux quartiers qui, selon les vœux des élus et des citoyens, doivent s’inscrire dans la perspective d’un “développement durable”.

 

Mais la plupart des professionnels, mis à part les élus et les bailleurs sociaux, travaillent dans la perspective de la livraison d’un « produit ». Ils mettent tout leur savoir-faire au service d’une même fin : l’image d’un nouveau quartier et de logements de rêve, avec soleil, espace, verdure… Tout est encore virtuel.

Et c’est lorsque ces nouveaux ensembles d’habitation sont livrés et vendus que l’histoire pour ces professionnels s’achève.

Or c’est ici que tout commence, et que se joue, dès les premières années, le destin d’un quartier. Au-delà des images de ces résidences de rêve que l’on trouve sur les affiches des promoteurs, de ces nouveaux quartiers qui veulent être un morceau de ville, c’est alors que les projets font l’épreuve du réel. Deux scénarios aussi opposés que le plus et le moins sont alors possibles :

I- On y est tellement bien, que tous veulent venir vivre dans ce rêve devenu réalité, les habitants y sont heureux et leur bonheur est communicatif. Les relations sociales y sont joyeuses, et les prix montent ; les reventes sont rares. Même le locataire social se sent privilégié et respecte ce privilège de telle sorte qu’il ne se distingue en aucune façon des autres habitants. Aucune discrimination ne se fait sentir.

II- Le quartier peine à se remplir, les mises en chantier traînent, les équipements se font attendre, les dessertes sont insuffisantes et les commerçants tardent à venir s’installer. La ZAC autrefois ambitieuse sur les écrans des concepteurs, et les images des promoteurs, tarde à prendre vie. On est pour longtemps encore dans un quartier dortoir.

Certains décident alors, autant qu’ils le peuvent, d’aller vivre ailleurs… Le quartier ne fait plus rêver, la demande est faible, les prix baissent, à la vente comme à la location. Les investisseurs ne s’y retrouvent plus,  baissent leurs loyers ou remettent leur bien en vente. Ceux qui viennent vivre dans le quartier ne le font plus par choix mais parce que le logement y est moins cher. Ceux qui ont le choix s’en vont, ceux qui ne l’ont pas les remplacent. Le tri social est à l’œuvre.

Les relations se tendent entre les premiers habitants qui ont le sentiment d’avoir été trompés, et les autres qui arrivent sans avoir rien choisi, jusqu’aux locataires sociaux qui s’y sentent plus ou moins relégués. Les discriminations insidieusement s’installent entre propriétaires et locataires, entre les résidences privées et les “HLM”.  Du rêve à la spirale infernale de la dévalorisation et du tri social, l’équilibre est aussi instable à l’instant zéro que l’œuf sur le sommet du mur.

La question majeure est alors posée : comment orienter cette évolution, comment faire des quartiers nouveaux en mettant en créant les conditions d’un développement “social” durable (car le social entraîne l’économique et l’environnement au sens large). Comment, autrement dit, “faire ville”. Pouillon avait-il tellement tort de dire que « depuis que l’on parle d’urbanisme on ne sait plus faire la ville » ?

Que fait-on, dès lors, pour que les habitants soient heureux de vivre dans leur nouveau quartier ? Et si à l’heure des hautes technologies, des immeubles intelligents, et de l’inflation des normes et label en tout genre, les seules conditions techniques ne suffisent plus à assurer ce bon devenir, si l’on comprend que l’avenir d’un quartier est aussi et avant tout une affaire humaine, l’affaire de ses habitants, une affaire de société, comment dès lors créer les conditions d’une vraie vie urbaine ?

 

Comment faire un véritable “morceau de ville”  avec un corps et une âme, quelque chose de vivant où l’on prend plaisir à se promener et à se rencontrer, où l’on gagne à vivre ensemble ?


Mardi 23 Juin 2015

 

au CENTRE MERIDIONIAL DE L'ARCHITECTURE ET DE LA VILLE

5 rue St Pantaléon, 31000 Toulouse

LE "CENTRE MÉRIDIONAL DE L'ARCHITECTURE ET DE LA VILLE" PEUT-IL DISPARAÎTRE ?

Avec la participation (ou le soutien*), entre autres, de :

Benoit MELON (DRAC)Philippe GONCALVEZ (prés. Ordre des architectes)Christophe SONNENDRÜCKER (urbaniste, prés. APUMP), Enrico CHAPEL (Professeur école d’architecture),Marie-Christine JAILLET* (universitaire, chercheuse CNRS), Roger METELLUS (prés. d’honneur d’AMO), Jean-Pierre HEGOBURU* (vice-prés. Conseil de développement)Guillaume DRIJARD (prés. de l’Union des comités de quartier)Jean-Pierre CORDIER (prés. AERA),

Rémi PAPILLAULT* (Professeur ENSA, architecte conseil DRAC),Catherine SOULA (ens. ENSAP-Paysagiste conseil de l’État), Jean-Paul COLTAT (D.G. Chalets), Christian NOAILHAC (dir. Crédit Agricole Immobilier), Jean-Yves PUYO (Urbaniste, APUMP), Claude MAURETTE (Ingénieur)Gérard Gasselin(Solidarité Villes)Afid El Alaoui (Maison de quartier Bagatelle),Régis GODEC (EELV), Thérèse PICHON (anc. élue Balma),Christian THOREL (dir. Ombres Blanches)Stefanie NEUBERT(dir. Goethe Institut)Francis BLOT* (Carrefour Culturel Arnaud Bernard)Jamal EL ARCH (ESMA), François HERBEL (Bois&Cie),Joël LECUSSAN (Mix’art Myrys)Salah AMOKRANE(Tactikollectif)Sarah BARRIERE (Architectes sans frontière), Abdul DJOURI (CACDU), Matthieu DUPERREX (Urbain trop urbain)...

*soutien des invités n’ayant pu se libérer ce soir là.


Dans une période de profonde inquiétude, de perte de repères et d’austérité budgétaire, alors même que l’intelligence nous commande plus de solidarité, d’engagement, de coopération afin que par la crise, nos sociétés se renouvellent plus solidaires et innovantes, nous mesurons trop souvent l’inverse : la multiplication des fractures sociales, culturelles et politiques, la remise en cause des solidarités et des coopérations patiemment bâties au fil des années, les repliements identitaires de tous ordres...

La confiance dans l’autre et la foi dans l’avenir, indissociables, la rencontre et l’échange qui sont au fondement de toute création, de toute communauté urbaine, et de tout projet partagé, semble nous faire défaut.

Ce fut le projet du Centre Méridional de l’Architecture et de la Ville, fondé en janvier 2000, avec cette déclaration :

"L'architecture et la ville nous concernent tous, et c'est pourquoi il nous semble essentiel aujourd'hui qu'existe un lieu où ceux qui font l'architecture et la ville et ceux qui l'habitent puissent se rencontrer.

Comment, en effet, peut-on faire une ville qui soit celle de tous, si tous ne participent à son développement ? L'architecture, mais plus encore, la ville qu'elle induit, sont tributaires du temps et de l'autre (des autres) et c'est de l'avoir trop longtemps oublié que nos villes modernes se trouvent aujourd'hui cause de tant de souffrances sociales et humaines.

Mais les fractures ne sont pas seulement sociales, elles sont également culturelles ; entre les hommes de l'art et les hommes de l'argent, entre les hommes politiques et les hommes techniques, entre les décideurs et ceux qui ne décident plus de rien, il faut pour se comprendre que se construise une culture entre les cultures que tous puissent se rencontrer et débattre dans un lieu, un lieu qui soit à tous et à personne.

C'est proprement la vocation de ce lieu de culture, que de dépasser ces frontières culturelles qui nous empêchent encore aujourd'hui de concevoir ensemble les murs dans lesquels nous aurons à vivre ensemble.

Habitants, élus, architectes, promoteurs publics et privés, entrepreneurs, industriels, financiers, tous sont requis dans la formation de nos villes, tous sont donc invités à s'investir et à prendre possession de ce lieu qui devrait être le leur, le lieu de toutes les rencontres qui ne se font pas ailleurs ; car c'est le propre de la ville, objet de nos recherches, et c'est là l'origine de ses richesses."   (Texte fondateur du CMAV, janvier 2000)

 

         Ce lieu symbolique s’est ainsi efforcé depuis 15 ans de lancer des ponts entre toutes les disciplines et les acteurs de la ville et du territoire, dépassant l’idée d’une architecture et d’un urbanisme trop exclusivement technique et esthétique, pour affirmer la dimension proprement politique d’un “vivre ensemble”. Sans cesse et de multiples façons nous sommes revenus sur la façon dont nous construisons ce monde que nous allons laisser à nos enfants, ces murs qui nous séparent et qui nous réunissent, défendant la participation de tous à cette œuvre commune, de sorte qu’en construisant ensemble, nous nous construisions comme communauté urbaine, aussi forte et harmonieuse qu’elle est unie et diverse à la fois.

          Or cette idée incarnée par le CMAV depuis l’an 2000, sérieusement mise à mal en ce début d’année 2015, du fait des forces centrifuges qu’engendre la crise et d’un concours de circonstances politiques et budgétaires, pourrait bien disparaître. “Etant à tous et à personne”, il ne représente par lui-même aucune corporation, ni intérêt particulier, mais seulement notre intérêt collectif. Il n’est que d’intérêt général et c’est peut-être sa faiblesse en temps de crise. Né de la société civile et de l’intelligence collective de ses acteurs, c’est de la fidélité de ces acteurs et de la communauté des citoyens qu’il tire tout son sens.

Il importe donc aujourd’hui de poser très ouvertement la question de ce sens et de son existence, puisqu’elle concerne potentiellement tous les citoyens de Toulouse et de sa région et bien au-delà :

— Si ce lieu est superflu dans la situation présente, il faut avoir le courage de le reconnaître et de le fermer avec l’assentiment de tous.

— Si au contraire ce lieu dédié au vivre ensemble est plus que jamais nécessaire en cette année 2015, il faut mettre notre courage au service de notre foi en des jours meilleurs, et préserver cette œuvre collective, unique en France, et que tant de villes en France et à l’étranger disent nous envier.

  C’est à ce débat ouvert et participatif que nous vous convions de sorte que chacun puisse exprimer son point de vue, et mesurer les attentes plus ou moins diverses et nombreuse des citoyens concernés, des élus et des professionnels à leur service, à l’égard de ce lieu reconnu d’intérêt public.

 

Stéphane GRUETarchitecte, philosophe, co-fondateur du CMAV.


Mardi 28 Avril 2015 

 

en partenariat avec 

Taktikollectif

au Centre Meridional

de l'Architecture

et de la Ville

5 rue St Pantaléon, Toulouse

QUARTIERS ET PEUPLES DE TOULOUSE

Comment s'est formée notre communauté urbaine ?

 

  • Romuald PAGNUCCO, Maire de quartier Toulouse - Ouest
  • Djillali LAHIANI, Adjoint au Maire, délégué à la Jeunesse et à l’Insertion des Migrants
  • Salah AMOKRANE, Taktikollectif
  • Jamal EL ARCH, Président ESMA Echanges et Savoir
  • Hafid EL ALAOUI, Fondateur Maison de quartier de Bagatelle
  • Karine GOMES, Présidente de l’ AGART (Amicale Guyanais Antillais Toulousaine)
  • Slimane TOUHAMI, Docteur de l’EHESS, chercheur en anthropologie, LISST-CERS, Université J . Jaurès
  • Mohamed  ZENDJEBIL, Enseignant en Sciences Humaines et Sociales, ENSAT
  • Malika BOUDELLAL, Ethno-muséographe, consultante culture
  • Sara JABBAR-ALLEN, Coordinatrice, photographe, Alter Image

Toulouse, de fondation romaine, a connu depuis ses origines d’innombrables arrivées de populations nouvelles, depuis les Wisigoths en passant par l’exode rural plus récent des pays alentour, jusqu’aux vagues d’immigration du siècle dernier qui furent italiennes, espagnoles, portugaises, puis maghrébines, et enfin, de façon plus diffuse, asiatiques et, à partir des années 90, issues de l’Europe de l’Est. Ces vagues de peuplement ont contribué naturellement au développement de la ville, allant là où celle-ci pouvait les accueillir.

      Chaque quartier de la métropole toulousaine a ainsi son histoire, qui est d’abord l’histoire de son peuplement dans laquelle s’enracine l’histoire de notre cité : une “histoire qui devient géographie” (Péguy). Cette histoire est ainsi pleine des résonances d’autres histoires antérieures, révolues mais non toujours résolues. Ces mémoires fondent pourtant des attitudes déterminant un avenir possible, l’unité possible d’un “peuple toulousain”, et tôt ou tard, une communauté nouvelle. Elles fondent nécessairement un projet qui doit être partagé et la construction d’une nouvelle identité, d’une nouvelle appartenance. Car c’est en construisant ensemble que l’on se construit comme une “communauté urbaine” véritable. Cette communauté dont l’impératif catégorique est d’être unie est donc une construction dont chaque pierre, chaque mur doit participer à l’équilibre du tout, un équilibre sans lequel il n’est pas de maison qui tienne. Mais il faut pour la stabilité de notre maison commune que chaque mur, quels que soient son âge et sa composition, soit bien fondé dans notre terre commune de sorte que nulle fissure n’apparaisse et ne fragilise cette construction d’hommes, cette communauté urbaine hors de laquelle nous ne pouvons plus grandir ni partager aucun projet.

      Si l’histoire, à force de brassage et de renouvellement de la ville sur elle-même, a fait ce travail pour les siècles et les millénaires antérieurs, elle est encore en plein travail pour le siècle dernier et le formidable accroissement de population et de quartiers nouveaux qui forment aujourd’hui notre aire métropolitaine. Comment pouvons-nous faire en sorte que toutes ces histoires, tous ces quartiers participent pleinement d’un dynamisme urbain qui est la condition même de l’unité de notre métropole ? Comment résoudre cet écart quelquefois douloureux entre une histoire encore sensible dans la mémoire des peuples de Toulouse et la nécessité d’une histoire commune qui puisse fonder notre appartenance à une même cité en devenir, riche de sa diversité, où tous participent à la création d’un avenir meilleur ? Comment contribuer au récit de cette métropole, pour en fonder la réussite ? Quels espaces de mémoires et de sociétés créer pour dire la métropole ?


Mardi 24 février 2015

 

au Centre Méridional de l'Architecture et de la Ville

 5 rue, St Pantaléon, Toulouse.

LES CULTURES URBAINES

FONT-ELLES LA VILLE ?

 

avec la participation de :

  • Jean-Luc LAGLEIZE, Adjoint au Maire,chargé des opérations de développement urbanistique
  • Marie-Jeanne FOUQUET, Adjointe au Maire,
  • Maire de quartier (Mirail, Reynerie, Bellefontaine)
  • Benoît MELON, Architecte urbaniste en chef de l’Etat,conseiller à la DRAC
  • Maxim JULIAN, Président CMAV
  • Jean LARNAUDIE, Président de la Maison de l’Architecture
  • Jean-Marc BROQUA, Secrétaire général à La Grainerie
  • Nathalie BRUYERE, Designer et enseignante à l’isdaT (Beaux-Arts)
  • Pierre BOISSON, Directeur artistique du festival de rue de Ramonville
  • Salah  AMOKRANE, Tactikollectif
  • Zedrine, Artiste spoken-word (slam)
  • Abdul DJOURI, Artiste chorégraphe hip-hop
  • Mihommemiloud, Jardinier, auteur, slameur

Vous pouvez écouter ou télécharger ce débat : cliquez ici


 “Cultures urbaines” est un terme quelque peu institutionnel par lequel on désigne depuis une trentaine d’années les pratiques créatrices nouvelles et informelles dans l’espace public, sportives (skate, parkour,...), dansées (hip hop, breakdance...), musicales (rap, slam...), théâtre de rues et arts du cirque, arts picturaux et sculpturaux (graph, street art…), architectures participatives et dispositifs urbains éphémères, et autres modes de création non académiques, métissés, qui remettent en cause l’ordre social et culturel établi et tendent à le renouveler.

Mais on pourrait à bon droit étendre cette expression de “cultures urbaines” à toutes les formes d’échanges créatives de valeurs nouvelles, qui sont “sociales” avant de devenir économiques et financières. Et ce sont bien ces pratiques alternatives et cette créativité qui se renouvellent en temps de crise, que favorisent les concentrations humaines, en ce qu’elles supposent une multiplicité de rencontres, d’échanges de tous ordres et de créations qui font la richesse d’une ville.

        Car le renouvellement dans le domaine de “La Culture” au sens étroit, se développe dans l’ensemble de la création d’activités inscrites dans l’économie urbaine. C’est sa part la plus sociale et informelle (échanges de savoirs, fablab, co-working, insertion, learning by doing, do it yourself, co-voiturage, co-housing, amap, jardins et cuisines collectives... cf. We Traders / Sous la crise la ville) qui donne naissance, nourrit et supporte la part plus formelle (coopératives d’activité, start-up, pépinières d’entreprises, nouvelle économie coopérative…), tout aussi créatrices et culturelles que les pratiques sportives et arts de représentation.

         Ces arts et pratiques sociales, économiques et culturelles témoignent d’une créativité urbaine née le plus souvent du manque d’activité et de perspectives de la jeunesse surtout, notamment dans les quartiers déshérités des pays industrialisés, et d’une volonté très large des citoyens de prendre en main leur avenir collectivement par des communautés ouvertes. Ce pourquoi ils débordent tous les cadres disciplinaires et institutionnels pour renouveler les formes d’échanges et les cultures propres à nos “communautés urbaines” dont la part la plus jeune est de plus en plus ouverte aux autres et au monde.

        Car si certains arts et pratiques peuvent être socialement clivants, tels le golf, l’opéra ou l’art contemporain, ces arts et pratiques qui se développent dans l’espace publique, ouverts à tous et s’adressant à tous, semble réaliser un véritable melting-pot social, culturel et ethnique, là où les arts et sports officiels ont en France le plus souvent échoué à dépasser les fractures sociales et les discriminations. Ces modes de participation à l’espace public adoptent naturellement l’esprit urbain le plus avancé, privilégiant l’échange horizontal le plus ouvert, la plus grande liberté formelle, et un esprit de gratuité dépourvu de tout calcul et de toute spéculation, ce qui fut toujours les conditions d’une authentique créativité.

        Si l’on admet alors l’idée que la fin de toute concentration urbaine pourrait bien être la synthèse d’un esprit de création, et que c’est cet esprit agissant qui fonde simultanément l’unité organique (diversification et équilibre des activités), le dynamisme, l’attractivité et la véritable richesse d’une ville, alors les “cultures urbaines” qui sont sans doute les plus vivantes et créatives des “cultures“ aujourd’hui, sont l’eau vive, la sève la plus riche et créatrice de nos villes, et sont, pour cette raison, porteuses de leur avenir.

         Dès lors il importe, non de développer cette richesse potentielle par des aides et un contrôle institutionnel et politique, ce qui pourrait bien la tuer dans l’œuf, ni d’en exploiter le potentiel spéculatif par des investissements semblables à ceux qui vont sur le marché de l’art officiel, mais de développer les conditions économiques du développement de cette créativité, par l’ouverture d’espaces publics à ces pratiques au cœur de nos villes, d’en favoriser la communication, et de faciliter la reconnaissance, le soutien et le développement par les acteurs de l’économie formelle, et les milieux financiers éthiques responsables socialement et économiquement, susceptibles de parier sur le développement de telle ou telle innovation sociale, pratique ou artistique, et plus généralement créative au plan technique ou économique. Ce qui revient à parier sur le fait que toute richesse naît d’abord des hommes, de leurs échanges et de leur libre créativité, qu’elle est donc sociale et éminemment urbaine, avant d’être économique et financière.

D’où notre question : les “cultures urbaines” font-elles la ville ?